L'infirmité motrice cérébrale

 

L’infirmité motrice cérébrale résulte de lésions cérébrales précoces (de la conception à deux ans selon G. Tardieu), non héréditaires, stabilisées (non évolutives), responsables de déficiences motrices exclusives ou prédominantes. Le handicap moteur séquellaire associe à des degrés variables des troubles de la posture et du mouvement. Des troubles spécifiques des fonctions supérieures peuvent s’y associer.

 

Qu’est ce que l’infirmité motrice cérébrale ?

 

L’infirmité motrice cérébrale est liée à une lésion du cerveau survenue dans la période anténatale ou périnatale. Elle constitue un trouble moteur non progressif secondaire à un défaut ou une lésion sur un cerveau en maturation. Le handicap moteur séquellaire associe, à des degrés variables, des troubles de la posture et du mouvement. Des troubles spécifiques des fonctions supérieures peuvent s’y associer (troubles perceptifs, troubles praxiques – en rapport avec la représentation et l’intériorisation d’une succession d’actes, troubles sensoriels). L’atteinte cérébrale a cependant suffisamment préservé les facultés intellectuelles pour permettre une scolarisation. Cette définition exclut donc les enfants ayant un retard mental associé au trouble moteur d’origine cérébrale, que l’on regroupe sous le terme d’IMOC (infirmité motrice d’origine cérébrale) et les enfants polyhandicapés. Les enfants présentant un trouble moteur d’origine cérébrale représentent 2,14/1000 nouveau-nés, les IMC au sens strict 0,6/1000. L’incidence de cette pathologie a peu varié depuis 10 ans, malgré la surveillance plus stricte des grossesses et des soins périnataux (depuis 1970) et la diminution des prématurités (6,8 % des naissances en 1975, 5,6 % en 1981).

 

Quelles sont les causes de l’IMC ?

 

Il s’agit de lésions cérébrales secondaires à un trouble circulatoire provoquant une ischémie (diminution ou arrêt de l’apport de sang) ou une hémorragie, le plus souvent dans les zones fonctionnelles des territoires des gros vaisseaux. Les lésions se trouvent au niveau du cortex cérébral chez l’enfant à terme et autour des ventricules cérébraux chez le prématuré : on parle de leucomalacie périventriculaire. Les causes peuvent être survenues avant la naissance, pendant l’accouchement ou dans les premiers moments de la naissance ou postnatales (classiquement pendant les deux premières années). Parmi les causes anténatales, on peut retrouver :un accident vasculaire cérébral,une malformation cérébrale.Parmi les causes néonatales, on peut retrouver :une prématurité: naissance avant 37 semaines d’aménorrhée (SA: après les dernières règles), soit en principe 8 mois de grossesse. Le risque de lésion cérébrale par ischémie est plus important dans les cas de prématurité avant 32 SA avec petit poids de naissance car la régulation de la circulation cérébrale se fait moins bien. Parmi les enfants nés entre 27 et 30 SA, ayant un PN entre 500 et 1280 grammes, 13 % ont un handicap sévère, 25 % un handicap moyen et 70 % présenteront des troubles scolaires malgré un QI normal;un ictère nucléaire: la lésion cérébrale est provoquée par un ictère gris centraux. La surveillance rapprochée du nouveau-né a permis de diminuer de façon significative de tels accidents qui entraînaient en particulier des tableaux d’athétose;une souffrance néonatale: la lésion cérébrale peut être provoquée par un traumatisme obstétrical (accouchement difficile), par une hypoxie (diminution de l’apport d’oxygène). Cette cause représente 35 % des IMC.

Parmi les causes postnatales, on peut retrouver :une infection: séquelles de méningite, encéphalopathie liée au virus du SIDA;un traumatisme: accident de la voie publique, syndrome de Silverrnan (enfants victimes de sévices provoquant, entre autres, des lésions cérébrales);un traitement de tumeur: lésion secondaire à l’intervention chirurgicale ou à la chimiothérapie;une maladie métabolique.Lien entre tableau et cause: la symptomatologie dépend de la localisation de la lésion. L’ischémie corticale diffuse du nouveau-né à terme (non prématuré) donne un tableau de tétraplégie avec microcéphalie (petite tête), l’ischémie des noyaux gris donne un tableau d’athétose, les lésions ischémiques hémisphériques focales peuvent donner une hémiplégie, la prématurité entraîne souvent une diplégie spastique.

 

Comment évolue-t-elle ?

 

Le terme d’IMC s’applique à une lésion cérébrale qui n’évolue pas. Cependant, elle est survenue sur un cerveau en pleine maturation et va entraver le développement de l’enfant, entraînant des conséquences sur les possibilités de contrôle moteur, l’appareil orthopédique, les capacités d’apprentissages scolaires, l’équilibre psychoaffectif. Une évaluation régulière des capacités de l’enfant dans tous ces domaines est donc indispensable.

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